Histoire du Kâmasûtra
Dans "kâmasûtra", "sûtra" signifie : "traité ; recueil de sentences, d'aphorismes" ; "kâma" désigne "l'amour, la jouissance, le plaisir sensuel". Les Kâmasûtra sont donc des "recueils de sentences sur l'amour".
Un livre religieux de Vatsyayana
La tradition de ces recueils est très ancienne, remontant à plusieurs siècles avant l'ère chrétienne. Aux premiers siècles de notre ère (entre le Ie et le Ve siècles), un brahmane nommé Vatsyayana alors étudiant en religion dans la ville de Bénarès, réunit en un volume, en les résumant, tous les ouvrages sur le sujet. Vatsyayana est persuadé que la connaissance du Kâma est indispensable à l'épanouissement humain, et veut offrir toute l'information nécessaire en un seul volume accessible.
Ce texte est sauvegardé et enrichi sous l'époque des Moghols jusque 1750 date à laquelle les anglais les chasse. Ce texte est ensuite cité dans des ouvrages coloniaux en 1773 avant que Richard Burton ne le traduise en anglais en 1880 et le publie à Bénarès à 250 exemplaires.
Isidore Lisieux traduit le livre en 1883 de l'anglais en français. A la bibliothèque nationale, ce livre rejoint "l'enfer". Apollinaire alors chargé de référencer l'enfer de la bibliothèque, lui attribut en 1913 la cote 101.
Pas uniquement des positions !
Les Kâma Sûtra de Vatsyayana, ses conseils pour l'amour, ne sont pas limités à la vingtaine de positions érotiques décrites: celles-ci n'occupent d'ailleurs qu'un chapitre sur les sept de l'ouvrage, soit cinq pages sur environ deux cent cinquante ! Les autres chapitres traitent du mariage et du rapport entre hommes et femmes hors du mariage ; un chapitre est plus particulièrement destiné aux courtisanes, et a d'ailleurs circulé à part dans leurs milieux ; le dernier regroupe des informations sur les moyens d'exciter le désir, avec des recettes médicinales.
Destiné à la lecture privée comme à la lecture publique, aucune illustration n'accompagnait le texte écrit sur des feuilles de palmier bouilli. Ce n'est que sous l'époque des Moghols, qu'il est enrichi de nombreuses enluminures musulmanes.
Le Kâma Sûtra : un livre pour tout public
L'ouvrage est ainsi destiné aux hommes, aux jeunes filles "avant leur mariage", aux courtisanes, aux hommes qui veulent se marier ou obtenir les faveurs d'une femme mariée.
Ses connaissances sont censées garantir :
Les Kâma Sûtra sont donc des conseils pour apprendre à séduire et pour savoir utiliser son corps au sein du couple marié ou non : ce n'est pas un livre qui vise un public restreint de libertins recherchant des raffinements sexuels particuliers.
le Kâma Sûtra : un livre pour apprendre à réussir sa vie amoureuse
Les Kâma Sûtra évoqueront donc tout à fait naturellement les problèmes posés par le rapport entre la taille de la verge et celle du vagin comme élément de l'harmonie sexuelle, les différences dans l'intensité du désir charnel ou dans le temps consacré à la sexualité, le rôle de l'imagination. Les variantes des enlacements, des baisers, et, bien sûr, des positions du coït, sont énumérées, mais aussi celles des morsures, des égratignures avec les ongles, des coups donnés ou reçus, des "sons" dont le plus spontané semble être le cri "maman" au moment de l'orgasme. Si la femme ne ressent rien pendant le rapport, Vatsyayana conseille de recommencer, et, en cas de nouvel échec, de "frotter le sexe de la femme avec ses mains et ses doigts" jusqu'à ce qu'elle soit calmée. La grossesse est prise en considération ; les fantasmes, comme celui de penser à une autre personne que celle avec qui l'on est uni, sont évoqués ; les jeux de bouche ou la pénétration anale sont décrits ; l'homosexualité masculine ou féminine n'a pas de traitement à part, et n'apparaît que comme une des variantes des moyens d'accès au plaisir.
Cependant, la pudeur est reconnue comme normale : la femme ne doit pas faire des avances. Un mari, ayant choisi une vierge, doit attendre trois jours avant de commencer des jeux intimes et se donner encore une semaine pour progressivement arriver aux rapports s'il ne veut pas susciter le dégoût chez sa femme et être rejeté par elle.
Notre vision des Kâma Sûtra comme simples recueils de positions érotiques est donc particulièrement réductrice et caricaturale. Ce sont les ouvrages érotiques postérieurs, écrits notamment pour commenter le livre de Vatsyayana depuis son époque jusqu'au XVIIIe siècle, qui vont détailler les positions décrites par celui-ci.
Mais le meilleur moyen pour vous de vous faire une idée précise sur ce livre est de le lire:
Caressez et cliquez l'homme ou la femme pour retourner à l'accueil du Kâma Sûtra.